mardi 28 août 2007

LA VIE DE FAMILLE AU NICARAGUA

Depuis maintenant 2 mois, je partage mon quotidien avec ma nouvelle famille Nicaraguayenne. Celle-ci est composée de Margarita, ma mère, de Carlos mon père, soit le copain de Margarita, de Nydia, ma sœur de 14 ans et de Doña Gloria, notre bonne. On retrouve aussi Rebecca, demi-sœur de Nydia, âgée de 10 ans et fille de Carlos, qui vient parfois nous visiter les fins de semaine.



D’après mes observations, ma famille se situe dans la classe sociale moyenne supérieure, car au Nicaragua, l’idéologie des castes sociales est encore bien présente et perceptible. Dans le cadre de mon travail, j’ai l’occasion de côtoyer la classe sociale la moins bien nantie. Cette classe comprend ces personnes habitants carrément des taudis, soit des habitations faites de taules et de vieilles planches de bois, construites sur la terre battue dont les pièces, si on y retrouve « des » pièces, sont uniquement divisés par de piètres bouts de tissus ou panneaux de métal sales et défraîchis. J’ai même vu une habitation où la cuisine, soit un genre de brûleur de camping abordant une casserole d’huile chaude sur ses ronds, côtoyait la chambre à coucher où l’on retrouvait un seul lit dans lequel dormaient 4 enfants et l’adolescente enceinte. Le salon se trouvait à être un fauteuil une place, sale et odorant, placé en bordure du lit, quant à la salle de lavage, celle-ci s’étalait un peu partout dans cette seule et unique pièce abordant des vêtements suspendus ici et là. Dans ces habitations insalubres se côtoient souvent 5, 6, 7 personnes, parfois plus, hommes, femmes, enfants, grands-parents et adolescents.

Du côté plus aisé, on retrouve des habitations beaucoup plus propres, abordant pour la plupart des fenêtres et un portique grillagé. Notre demeure est située dans le quartier Bello Horizonte, un quartier de Managua relativement recommandable, quoique que certaines rues valent mieux d’être évitées. L’architecture nicaraguayenne est très différente de l’architecture québécoise. On retrouve peu de maison à deux étages et celle-ci sont façonnées dans un genre de stucko avec des planchers de ciment ou de céramique style mosaïque. La décoration intérieure ne semble pas être un hobby au Nicaragua car la plupart des demeures adoptent un style assez simpliste et relativement semblable. Tout foyer nicaraguayen qui se respecte compte sous son toit un grand miroir avec bordures ornementales dorées et les fameuses chaises berçantes en bois (observation de moi et Émilie !). Mon habitation est très confortable, vous pouvez en jugez par vous-même en parcourant les photos ! J’ai ma propre chambre qui comprend même une télévision, en plus d’avoir accès à internet, quand celui-ci fonctionne.

Les 8 semaines que j’ai accompli ici m’ont permis d’acquérir un certain quotidien. Je me suis adaptée assez vite au rythme de vie de ma famille. Les nicaraguayen sont des bourreaux de travaMargarita travaille 6 jours sur 7, à raison de 9 à 12 heures par jour. Carlos travaille un peu moins, quant à Nydia, comme toute adolescente normale, elle va à l’école. Quant à moi, j’ai quand même gardé mon rythme de travail québécois accomplissant des semaines variant entre 35 et 40 heures. Du lundi au jeudi de 18h30 à 19h30, j’ai mes supers cours de danse a la escuela de danza Illusíones, avec l’unique et dynamique Augusto, ce qui constitue mon principal loisir en semaine. D’ailleurs, Émilie et moi poursuivions un programme assidu de mise en forme afin de meubler nos soirées.

Ainsi, nous poursuivons tous nos activités quotidiennes pendant que Doña Gloria veille à nos besoins, soit nourriture, lavage et ménage. Fait étrange, seul Carlos et moi soupons en même temps, au retour des cours de danse, car Margarita nous rejoint à l’école de danse et a la gentillesse de nous ramener il ! moi et Émilie. Margarita ne soupe tout simplement pas, car cela l’empêche de dormir et Nydia semble grignoter de temps à autre en fin d’après-midi. L’heure du souper est une occasion pour moi de pratiquer et ainsi améliorer mon espagnol. Carlos et Margarita ont le souci de discuter avec moi presque quotidiennement afin de me voir évoluer. J’ai aussi l’occasion d’entretenir mon anglais avec Nydia qui étudie en anglais et dont le père habite aux Etats-Unis. J’interagis avec elle principalement au retour du travail quant celle-ci est d’humeur à jaser et que son attention n’est pas capté par la télévision qui agit sur elle comme un véritable hypnotiseur. Les semaines se suivent et se ressemblent, quant aux fins de semaine, je vaque à mes occupations et loisirs et accompagne parfois ma famille dans les activités de plaisance qui se déroulent le dimanche. Ma famille possède une voiture et Margarita aime bien se divertir la fin de semaine afin de décompresser.

Cela vous donne une bonne idée de mon quotidien familial au Nicaragua. Dans les prochaines chroniques, je vous ferai part des différents petits voyages que j’ai entrepris à la découverte de ce pays de volcans, de la nourriture, de Managua, bref, de tout ce que je vis ici ! Je vous dis donc à bientôt et vos commentaires sont évidemment un grand stimulant à entretenir mon blog !

vendredi 3 août 2007

LE QUOTIDIEN D'UNE STAGIAIRE EN TRAVAIL SOCIAL À QUINCHO BARRILETE

Lundi le 02 juillet, j’entame ma première vraie semaine de travail à l’association Quincho Barrilete en tant que stagiaire en travail social. Quincho Barrilete diversifie ses activités dans trois lieux distincts, soit « l’Oficina principal », « el Centro de Attención Integral (CAI) », de même qu’une maison d’hébergement. Ma première semaine, je la passe au CAI, c’est uniquement mardi, après avoir attendu pour une seconde fois pendant 3 hres avant que l’on vienne me reconduire au CAI, que j’ai saisi que je pouvais me rendre directement au CAI le matin. Ah, la barrière linguistique ! En fait, je peux me rendre à pied aux deux endroits, quoique l’Oficina est définitivement plus près et ça aussi ça m’a pris quelques jours et coûté quelques taxis, avant de le saisir !

Le CAI est un centre de jour pour les jeunes âgés entre 7 et 17 ans. Des ateliers y sont donnés, tels la conception de hamacs, des cours de menuiserie et autres, en plus de notions scolaires générales. Toutefois, mon intégration au CAI se fait en plein pendant la semaine de relâche des jeunes. Au programme, pleins d’activités ludiques, tels des sports en el campo, une journée à Leon, de même que la célébration des anniversaires du mois ! Imaginez un peu le portrait, à 40 degré celcius, de 8h00 le matin à 17h00, je me suis retrouvé à jouer avec des enfants qui en déplacent de l’air, le tout en espagnol ! Pignata, kickball dans un campo de poussières au gros soleil, journée de 12 hres à Leon dans un autobus suffocant avec une quarantaine d’enfants, criants et grouillant de curiosité qui t’accaparent de questions et d’attention ! Chaque jour, je rentre chez nous totalement vidée de toute mon énergie, suante et gluante (digne d’une vraie larve!) et le sommeil me gagne dès 20h00- 21h00. Les enfants sont super attachants, mais je ne me vois aucunnement faire l’animatrice de camp de vacances durant 5 mois !

Le lundi suivant, c’est avec joie que j’apprends que je travaillerai davantage avec l’équipe psychosociale qui se compose de travailleuses sociales et psychologues. Au programme, accompagnement des TS et des psychologues lors des visites à domicile, ce qui est très stimulant ! On me confie aussi la tâche, en partenarait avec le responsable de la santé, de monter un programme d’éducation sexuelle pour les jeunes du CAI. Le plan est fait, mais je me charge d’organiser tout le contenu en plus du matériel didactique ! Mon quotidien est donc ponctué de recherches d’organes génitaux sur internet et de visites dans les familles vivant dans une pauvreté inqualifiable. Les visites à domicile sont difficiles. La chaleur, le transport en commun et la triste réalité de ces gens affecte le moral. L’extrême des situations, les problématiques multidimensionnelles et l’absence de possibilités d’un monde meilleur, m’interpellent intensément et suscite inévitablement les réflexions. On est bien au Québec, appréciez votre chance à chaque jour qui passe !

Malgré tout ce beau plan de travail, il y a quand même des longueurs ! Lorsque je n’ai pas accès à un ordinateur (ce qui veut dire, 4 jours sur 5…) et que je n’ai pas de visites de planifiées, je dois littéralement, tuer le temps ! J’ai trouvé l’alternative de travailler chez moi lors de telles journées, quoique que cela a le désavantage de limiter mes contacts avec mes collègues de travail. J’essaie ainsi de trouver un juste milieu en alternant mes activités et en tuant le temps en faisant des trucs telles que la moyenne de mes dépenses par semaine, écrire toutes mes activités dans mon agenda, en plus de faire un programme d’entraînement rigoureux (j’aurais d’ailleurs besoin de tes conseils Cath larve…) !

Cela vous donne une bonne idée de mon travail au quotidien ! Mon expérience s’avère jusqu’à date très enrichissante. Mes collègues de travail (principalement féminines) sont très aimables et facilite constamment mon intégration. Mon espagnol s’améliore et je peux dorénavant communiquer davantage avec les jeunes qui me saluent constamment avec sourires et affection !


Voilà ! Ma vie en milieu familial, mes loisirs et le quotidien à Managua devrait suivre d’ici quelques jours ! A bientôt tout le monde !

UN MOIS DÉJÀ!

Déjà un mois s’est écoulé depuis les dernières nouvelles ! La logistique avec internet s’est avérée beaucoup plus difficile que je pensais ! Premièrement, la connexion internet est ici très lente, ce qui fait que downloader des photos pour mon blog s’avère un projet assez fastidieux ! De plus, je n’ai pas accès à internet à mon travail, endroit où je passe la majorité de mon temps !
Heureusement, je suis privilégiée et j’y ai par contre accès à la maison. Toutefois, depuis une semaine, notre connexion a lâchée, pour être de retour depuis uniquement hier. Ajoutée à cela, la planification de l’utilisation en fonction des pannes d’électricité quotidiennes nicaraguayennes, car chaque jour, nous sommes privés de courant durant 4 à 5 heures. Les horaires varient d’une semaine à l’autre, l’horaire de panne de jour est 14h00 à 17h00- 18h00, alors que l’horaire de soir se situe entre 17h00- 18h00 à 22h00- 23h00. Je préfère définitivement un horaire de jour, puisque qu’un horaire de soir limite de beaucoup les activités !

Il y a tellement de choses à raconter ! 5 semaines seulement se sont écoulées, mais tout ce que j’ai vécu me donne davantage l’impression d’être partie depuis déjà un bon bout de temps !
Je vous présente donc mon adaptation au mode de vie nicaraguayen dans différents volets de ma vie ici: Quincho Barrilete- mon travail, ma vie familiale- mon chez moi, mes loisirs et la vie à Managua ! Les chroniques suivront à tour de rôle durant les prochains jours ! Question de mettre ce blog à jour une fois pour toute et du coup ne pas trop alourdir votre lecture !

Ainsi, retournons en arrière… Il y a 5 semaines, une stagiaire en coopération internationale, envoyée par Plan Nagua, débarquait à l’association Quincho Barrilete pour y rester pour 5 mois ! Premier constat, la chaleur ! Écrasante, omniprésente, ravageant en 5 minutes toute la fraîcheur de la petite larve que je suis (rappelle-toi l’Asie larvette…) ! En lisant ces lignes, imaginez-vous la chaleur de ces derniers jours au Québec… Ici, c’est mon quotidien ! Le jour, le thermomètre doit afficher dans les 40 degré celcius. En soirée, le climat est parfait, environ 30 degré celcius, donc idéal pour se balader en camisole sans éprouver le moindre frisson ! Est-ce que je me suis adaptée à cette chaleur suffocante ? Pas vraiment ! Entre 11h00 et 16h00, l’énergie me manque, l’appétit aussi et je sue avec disgrâce ! Toutefois, l’autre jour je me suis surprise à frissonner en cette soirée de 27 degré celcius, vivement le retour au Québec en novembre, brrrrrrrrrrrrrrr ! J’étais alors heureusement d’avoir sous la main, ma petite laine !
Alors, en lisant mes aventures, en regardant mes photos et en m’imaginant en train d’écrire ces lignes, ressentez cette chaleur jusqu’à en suer des avants bras !